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[Interview] Christian Galy – discrétion et travail

On ne présente plus Christian Galy, c’est clairement l’un des athlètes masters les plus connus mais aussi surement le plus discret. Un parcours sportif inspirant et un homme réservé qui possède une expérience exceptionnelle. Il nous fait donc l’honneur de partager un bout de ce qu’il est dans l’univers du CrossFit français mais aussi international !

Peux-tu nous en dire plus sur ton passif sportif et professionnel ?

Je pratique le sport depuis ma jeunesse, en loisir et aussi pour les besoins de ma profession. J’ai été militaire au 8ème RPIMa pendant 5 ans. A l’issue, j’ai intégré la Police Judiciaire et notamment la B.R.I. ou j’ai exercé pendant 26 ans.
J’ai essentiellement pratiqué les sports de combat, boxe américaine, boxe thaïlandaise et boxe anglaise ainsi que la lutte et le grappling. En complément, je faisais un peu de musculation et de jogging.

Christian Galy – Crédit: Instagram @krisly_rcf

Te rappelles-tu de ton volume d’heures de sport par semaine ?

4 à 5 fois par semaine et environ une vingtaine d’heures par mois

Certains athlètes peuvent se sentir pénalisés ou avec quelques mauvais réflexes du fait antécédents sportifs, est-ce que ce volume d’heures et ce passif a eu un impact positif ou négatif sur ton niveau de fitness ?

Positif, dans la mesure ou je n’ai jamais eu d’interruption, ni de blessures importantes.

Depuis combien de temps fais-tu du CrossFit et à quel rythme ?

J’ai découvert le CF en 2012 et mon rythme a évolué au fur et à mesure des années, notamment à partir de ma retraite en 2015. Je suis passé de 25 heures par mois au début jusqu’à environ 45 heures actuellement. (5 séances de CF, 1 séance de piscine et 1 jour off)

Les Masters peuvent avoir un rythme de vie différent des -35ans, avec des familles et des carrières professionnelles à gérer. Il faut donc trouver un bon équilibre. Comment est-ce qu’on arrive jongler et comment peut-on trouver le juste milieu entre vie pro et sportivité ?

Indépendamment des impératifs de la profession exercée, cela demande principalement une bonne organisation. Les difficultés sont cependant nombreuses quand on souhaite avoir un niveau compétiteur. La bonne volonté de l’épouse est également un paramètre de taille car la vie privée est également impactée par les nécessités de s’alimenter de manière saine et d’avoir une récupération irréprochable.

Quelle image donne-t-on à son entourage quand on fait du CrossFit et que l’on est master ? Est-ce une image de sportif de « l’extrême » ou plutôt un modèle de détermination qui tire vers le haut une génération ?

Selon ce que l’on qualifie d’entourage, famille ou partenaires d’entrainement, ça sera l’un ou l’autre (et dans l’ordre)

Est-ce qu’un master influence plus facilement sa génération à s’inscrire dans une salle de CrossFit ?

Je pense que oui, ça peut être rassurant et/ou encourageant.

Tu suis une programmation particulière ou tu as un accompagnement adapté ?

Les deux. Je suis suivi par un coach, qui est également un partenaire d’entraînement et nous suivons la programmation de Ben Bergeron (comptrain). Mon coach adapte la prog élite pour qu’elle me corresponde au niveau des poids et des mouvements, et il peut parfois s’inspirer en partie de la prog spécifiquement masters.

Peux-tu détailler ton palmarès ou tes « succès » dans cette discipline ?

Quelques podiums sur des throwdowns et une participation aux Games.

(Ce que ne dit pas Christian c’est qu’il est vice-champion des CrossFit Games 2016 en catégorie 55-59 ! Il possède aussi une très longue liste de victoire sur des throwdowns européens tel que les EMT ou les Masters & Teens aux Pays-Bas)

Christian Galy CrossFit Games 2016 – Crédit: Instagram @krisly_rcf

Vis tu aujourd’hui de ce sport ?

Non, il aurait même tendance à grignoter mon bas de laine pour mes déplacements et hébergements en compétition. 

Est-ce que tu as déjà été victime de blessure ? Si oui de quel type et pendant quelle durée ?

Pour les plus importantes, une hernie inguinale en 2015 (peut-on considérer ça comme une blessure en raison des charges lourdes alors que c’est plutôt commun aux gens de mon âge ?) nécessitant 10 jours d’arrêt complet, une reprise très progressive et un retour aux charges moyennes au bout de 2 mois.
Une opération de la hanche en 2016 pour la pose d’une prothèse (usure complète du cartilage, détérioration qui avait été constatée bien avant ma pratique du CF) avec 3 semaines d’arrêt complet et 3 mois pour reprendre des entrainements sérieux.
Peu de temps après, début 2017 avec un dos fragilisé par l’opération, le temps qu’il se réequilibre, j’ai provoqué une hernie discale avec sciatique. (Plus de coach à l’époque, entraînement mal géré et volonté de reprendre trop fort avec les opens) J’ai du adapter mon training pendant quelques mois et faire beaucoup de renfo.
J’ai terminé cette année en fanfare avec une récidive de hernie inguinale. (La 1ère opération n’avait probablement pas été faite de façon optimale) 3 semaines d’arrêt complet et 2 mois de reprise progressive.

Est-ce que l’on gère les blessures de la même manière en étant master ? Et cela a-t-il un impact dans la préparation ou à l’entrainement ? Volume de renforcement (par exemple)

Forcément, une blessure a plus d’impact lorsqu’on est master car la récupération est plus longue et il est plus difficile de revenir à son niveau initial. On est également obligé de faire plus attention par la suite car on est fragilisé de façon plus importante qu’un homme plus jeune. Le renforcement prend une part primordiale dans les futurs trainings, mais cela concerne toutes les catégories d’âge.

Qu’est-ce qui te motive dans ce sport et t’amène à faire de la compétition ?

Tout, l’intensité, la variété, le côté ludique, l’ambiance et le partage avec mes partenaires d’entraînements… Il a énormément impacté en positif ma vie et mon bien-être. La compétition, c’est le petit plus qui m’a permis de retrouver les poussées d’adrénaline que je connaissais dans mon travail. C’est aussi une sorte de reconnaissance du travail accompli, et une motivation pour endurer la fréquence et l’intensité de nos entraînements.

La France est la 4ème nation européenne et la 8ème nation mondiale master aux Open 2020* avec une progression du nombre d’athlètes français dans le top 2020 de plus en plus importante, comment expliques-tu ce bon classement?

Je n’en sais rien… mais c’est une bonne chose ! 

Si tu participes au Age Group Online Qualifier, comment prépares-tu cette période particulière ?

Je n’y participerai pas cette année, n’ayant pas fait les opens. J’ai participé aux masters qualifier en 2016 et à l’AGOQ en 2019. Ma stratégie est identique à celle adoptée pour une compétition de type throwdown. La préparation est faite tout au long de l’année, le rythme est allégé la semaine précédente et j’effectue deux wods par jour, ce qui me permet d’avoir un redo sur chaque épreuve. La récupération prend une part très importante, j’inclus donc une sieste entre le wod du matin et celui de l’après-midi. Mon sommeil et mon alimentation doivent être irréprochables, sans omettre les auto-massages et les étirements en soirée.

Quels sont tes objectifs sur cette compétition en ligne ?

Pour ma part, le but est de me qualifier pour les Games. Si je considère que l’objectif est inatteignable, je ne suis pas certain d’avoir la motivation de les faire juste pour dire que j’y ai participé. Si mon corps tient sur la durée, j’aimerais bien m’y qualifier en 2021.

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Master & Teens Throwdown – Crédit: Facebook @mastersthrowdown

Un immense merci à Christian d’avoir accepté de répondre à nos questions et de partager un peu de son expérience avec la communauté.

Pour terminer vous pouvez écouter l’interview réaliser par The Shaker Show sur la plateforme Spotify ou Christian revient sur sa carrière et ses rencontres dans le CrossFit.

Retrouvez le retour d’expérience de Erin Sims dans notre précédente interview !