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[Interview] Erin Sims – une vie de sport

Erin Sims fait partie de ces athlètes discrètes mais avec une parcours que n’importe quel sportif féru de compétition souhaiterait avoir. Aujourd’hui en catégorie 35-39, elle nous résume sa vie de sport, son parcours pour vivre de sa passion et sa vision du partage avec la communauté.

Peux-tu détailler ton parcours ; sportif et/ou professionnel, avant la pratique du CrossFit ?

J’ai toujours fait du sport ! Mon père était directeur des services de sport de ma ville natale aux Etats Unis, donc j’ai grandi dans les gymnases, les parcs de la ville, les piscines. J’ai joué à quasi tous les sports proposés : basketball, tennis, volley, et enfin athlétisme. Ayant les très bons résultats en 1500m, j’ai eu une bourse d’étude pour aller à la fac de TEXAS pour courir avec l’équipe en première division. Après les 4 ans de fac, j’ai eu une bourse pour étudier (l’histoire d’art et la restauration des œuvres) en Allemagne. Je suis passée par Besançon pour voir une copine, et je suis tombée amoureuse de la France (et d’un Français). En France, je me suis mise sur les courses sur route 10km. Après 6 ans de carrière, je me suis lassée et je me sentais frustrée de ne pratiquer qu’un sport. J’ai décidé de lancer une équipe de Roller Derby, un sport que j’avais toujours eu envie de faire, autant pour son côté « catch spectacle » que son côté « girl power ». N’ayant pas de structure, j’ai débuté en coachant l’équipe et j’étais en cours d’obtention de mon diplôme de BPJEPS. C’est pendant ma formation que j’ai découvert le CrossFit en 2012, et je savais que c’était pour moi ! Depuis j’ai ouvert ma propre box, CrossFit Electron à Besançon.

A quelle fréquence pratiquais-tu le sport avant ta découverte du CrossFit (volume d’heures par mois) ?

À la fac, j’étais très rigoureuse, et on avait un rythme d’athlète professionnel. Il y avait un entraînement tous les jours (water-polo le mercredi!) plus, une deuxième séance de musculation 3 fois par semaine. Malgré tout, la réussite était lié à l’intensité, pas au volume. Même si c’était toujours de la course à pied à la base, on changeait de filière énergétique chaque jour pour pouvoir récupérer.

Erin Sims – Crédit: Instagram @erinsims1 / France Television

A-t-il eu un impact, positif ou négatif, sur ton niveau de fitness actuel ?

Ça m’a clairement façonnée. Depuis mes débuts en CrossFit, j’ai toujours eu une « caisse » de cardio, quand finalement, j’ai toujours travaillé principalement mes points « faibles » de force et technique. Je me remets à la course seulement cette année (objectif Spartan Race )

Depuis combien de temps fais-tu du CrossFit et à quel rythme (volume d’heures par mois) ?

Quand j’ai découvert le CrossFit (ayant déjà 31 ans), j’ai du travailler dans le fitness classique, qui représente beaucoup de volume de léger cardio et renfo sans intensité. Pour ne pas me surcharger, j’ai privilégié les séances de force et techniques quand je pouvais. Depuis que j’ai eu l’occasion de faire seulement du crossfit, je fais 4-5 séances par semaine. Je n’ai souvent qu’une heure entre mes cours pour m’entraîner, et j’ai une ou deux séances un peu plus longues chaque semaine. Je m’intègre dans nos cours collectifs dès que je peux s’il y a de la place, et qu’il y a un autre coach pour le cours.

Les Masters peuvent avoir un rythme de vie différent des -35ans, avec des familles et des carrières professionnelles à gérer. Il faut donc trouver un bon équilibre. Comment est-ce qu’on arrive à jongler et comment peut-on trouver le juste milieu entre vie pro et sportivité ?

Je n’ai pas d’enfant, mais en créant notre propre box avec mon copain, nous avons pris en charge la gestion de notre petite communauté de CrossFit et on se donne à fond. Je ne suis pas forte à jongler avec beaucoup de choses à la fois ! Pendant les 4 premières années de la salle, j’ai beaucoup laissé de côté ma vie personnelle, peut-être à tort, mais je gère comme ça. J’ai fait énormément de sacrifices, mais je suis tellement contente de tout ce qu’on a créé avec notre box, que ça valait le coup. Maintenant, que j’ai davantage de coachs, d’aide et d’adhérents, je vais commencer à prendre plus de temps pour moi et le hors CrossFit…

Est-ce qu’un master influence plus facilement sa génération à s’inscrire dans une salle de CrossFit ?

Oui, clairement. La majorité de mes adhérents ont autour de la trentaine, et j’ai beaucoup de jeunes masters. J’ai aussi au moins un tiers des mes adhérents qui sont des femmes 🙂

Suis-tu une programmation particulière ou tu as un accompagnement adapté ?

C’est Alex GILBIN (mon copain et coowner de la box) qui fait ma programmation Electronprogramming. C’est distillé pour un minimum de volume comparé à beaucoup de programmations, mais c’est juste ce qu’il faut et intense. C’est aussi la majorité de ce que nos adhérents suivent à la salle. Les 2 séances d’haltérophilie et le strongman sont aussi programmés pour la salle. Je fais les programmations des WODs chez nous ainsi que le travail en Gym, et j’essaie d’inclure un maximum de ce que je fais pour tout le monde. On a aussi un coach de course à pieds cette année (Jean Charles « la Route du Trail ») ! Je me suis remise à courir avec lui et les adhérents toutes les semaines, objectif : le spartan race de Morzine cette année !

Erin Sims – Crédit: Instagram @erinsims1 / French Throwdown 2019

9. Peux-tu détailler ton palmarès ou tes « succès » dans cette discipline ?

Mes plus grands souvenirs sont le premier Affiliates Battle en finale avec Tina et Sabrina…le premier Belgian avec Anne-Claire et Alizée quand j’ai su que je n’étais pas si mal en indiv….mes deux premières années aux French en indiv master 35 ou je me suis poussée plus loin que je pensais possible (l’année dernière j’étais malade, donc moins fun), puis quand je suis allée toute seule à Budapest pour gagner le European Masters Throwdown et j’ai rencontré Lionel et pleins d’autres masters…

2020

  • 2nd Master 35+ OPEN France
  • 12th Elite OPEN France
  • 57th Master 35+ OPEN World
  • Niveau nationale FFHM haltérophilie

2019

  • 1st Master 35+ OPEN France
  • 2nd European Masters Throwdown 35+
  • 3rd French Throwdown 35+
  • 10th Elite OPEN France
  • 49th Master 35+ OPEN World
  • 24th Master 35+ AGOQ World
  • 2nd Elite Femme Eastern Throwdown
  • 1st team FF Elite Fittest of Magma
  • 4th team mixte Alsace Throwdown
  • Niveau nationale FFHM haltérophilie
  • France 2 : « la Flèche » sur La Course Des Champions

2018

  • 2nd French Throwdown 35+
  • 1st European Masters Throwdown 35+
  • 1st Belgian Throwdown 35+
  • 1st Affiliates Battle 35+
  • 1st 35+ OPEN France
  • 1st Elite Fittest if Magma
  • 1st Team mixte Alsace Throwdown
  • 1st ElectronFit team
  • 2nd Be-NN Battle Master 35+
  • 2nd Team mixte Fittest of Magma
  • 4th Thorus Flag team
  • Niveau nationale FFHM haltérophilie

2017

  • 1st European Olympic Weightlifting Championships
  • 1st 35+ OPEN France
  • Online qualifier finalist (top 200 world)
  • 1st 35+ Marseille Throwdown
  • 3rd 35+ French Throwdown
  • 1st team mixte Alsace Throwdown
  • 3rd team Belgian Throwdown
  • Final Thorus Flag Team

2016

  • 3rd Elite Affiliates Battle
  • 3rd Belgian Throwdown team
  • French Throwdown team finalists

2015

  • 6th Elite Belgian Throwdown
  • French Throwdown team finalists
  • BAAAM team finalists

Vis tu aujourd’hui de ce sport ?

Pas encore !

Est-ce que tu as déjà été victime de blessure ? Si oui de quel type et pendant quelle durée ?

Je touche du bois ! Non ! Je m’écoute et je trouve une soulution avant que ça devienne un problème chronique

Est-ce que l’on gère les blessures de la même manière en étant master ? Et cela a-t-il un impact dans la préparation ou à l’entrainement ?

C’est la clef de la progression, de ne pas se blesser. Personnellement, je préfère prendre un peu moins de risques pour assurer que je ne me blesse pas. Comme ça, même si je progresse doucement, au moins c’est en continu … et c’est plus agréable ! Peut-être que j’arriverai première plus souvent avec plus de risques, mais c’est mon choix. Je dois m’échauffer plus longtemps et faire plus de mobilité qu’avant bien sûr. Puis le « renfo » aide beaucoup à encaisser les mouvements dynamiques à risque, ça paye toujours.

Qu’est-ce qui te motive dans ce sport et t’amène à faire de la compétition ?

  • Le sport : J’adore le fait qu’il faut essayer d’être la plus « complète » possible. Que ça ne sert à rien d’être excellent sur une discipline, et il faut faire le bon cocktail de capacités. On progresse constamment, même avec l’âge, c’est fantastique. (contrairement à la course à pied, ou on peut rester bloqué sur un chrono des années, avec les entraînements réguliers …)
  • La compétition : J’adore la compétition. J’adore l’enjeu, et j’adore gagner bien sûr, (ou au moins tenter ma chance). J’essaie de m’inscrire à des compétitions Master ou Elite de niveau un peu plus élevé que le mien pour pouvoir atteindre le podium. Gagner facile n’est jamais marrant.

La France est la 4ème nation européenne et la 8ème nation mondiale master aux Open 2020* avec une progression du nombre d’athlètes français dans le top 2020 de plus en plus importante, comment expliques-tu ce bon classement?

Je trouve que le fait qu’il y a un diplôme de coach requis en plus d’un Level 1 est vraiment la raison pour la progression phénoménale en France. Les planifications ont plus de sens, les athlètes sont mieux encadrés, et les coachs osent vraiment apprendre les techniques d’haltérophilie, de gymnastique, de force athlétique, et de conditionning. On a des athlètes avec une excellente technique depuis un moment, et ils n’arrêtent pas de prendre de la force et du cardio, ce qui en fait des meilleurs compétiteurs….

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Erin Sims – Crédit: Stéphanie Madaule

Question sur les AGOQ (Age Group Online Qualifier)

Quels sont tes objectifs sur cette compétition en ligne ?

Je me suis qualifiée encore cette année. 2017 et 2019 aussi. J’ai fait les AGOQ en 2017 pour voir ce que c’était, il y a beaucoup de masters qui n’osaient pas, car leur classement aux OPEN était pris comme score, et était trop pénalisant pour arriver au top 20. Je me rappellerai toujours que j’avais fait le WOD avec des deadlifts à 100kg, et je suis arrivée dernière ! En 2019, j’avais fait un joli classement monde aux OPEN, donc j’ai décidé de me donner vraiment à fond pour voir où j’en étais. Claudia Gluck m’avait proposé de venir faire les 5 WODs avec moi le vendredi. J’ai eu le soutien d’un excellent masseur qui m’a aidé à récupérer entre presque chaque WOD. Je me suis reposée, on a refait les stratégies, puis j’ai refait quasi tous les WODs (et je les ai améliorés). J’ai échangé mes scores avec Françoise et Lionel, puis j’ai croisé les doigts ! J’ai terminé 24ème monde, et j’étais ravie !! Dommage qu’ils prennent que 10 athlètes ! Cette année, j’aurai 39 ans pour les Games, et j’ai décidé de passer le tour pour les AGOQ. C’est dur, de dire non ! Nous avons des gros travaux à finir, et beaucoup de choses à mettre en place pour pouvoir se reposer enfin… Un meilleur repos va permettre de suivre des entraînements intensifs pour tenter les Games en Master 40+ !

Je pense fort aux autres Masters de France qui participent, et j’espère bien qu’Alex (Jolivet) et Françoise (Mahier) vont y retourner, puis que Jessica Vetter et Lionel (Bourrin) vont tenter !

Un grand merci à Erin d’avoir pris le temps de nous répondre. Bon courage pour cette saison !

Retrouvez notre dossier sur les masters et la saison 2020

One thought on “[Interview] Erin Sims – une vie de sport

  1. Bravissimo Erin que j’ai eu la chance d’aider à apprendre notre langue et dont j’ai pu apprécier la bonne humeur perpétuelle et la modestie malgré un passé spprtif déjà impressionnant dans son pays d’origine. Je me souviens aussi d’une course internationale de 2000 femmes en Irlande où elle etait arrivée dans les toutes premières.

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