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L’argent est-il tabou dans le Crossfit français ?

C’est un titre plutôt provocateur pour essayer d’élucider cette question complexe, qui gêne ou qui fâche. Le Crossfit ou le domaine du Fitness fonctionnel en général, est-il propice à faire fleurir du business ?

Nombreux sont ceux qui se lancent dans la création d’une box de Crossfit, qui créent une marque de compléments alimentaires, d’accessoires ou de vêtements en lien avec notre sport. Mais globalement combien en vivent ? Peut-on bien coacher et être un bon gérant en même temps ?

Difficile de répondre à ces questions car peu de chiffres existent sur le sujet. Les opportunités ne manquent pas, mais le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle.

Certains ne s’en cachent pas et abordent le domaine du sport comme un business, on pense rapidement à Guillaume Guillou qui évoque le sujet sans complexe à plusieurs reprises chez Power Camp.

Guillaume Guillou dans Power Camp

Pour d’autres, la notion de sport business est plus compliquée à faire valoir et beaucoup font souvent remonter la complexité d’être coach et également propriétaire de box.

Ce week-end Luk Miller (@luk_crossfit_grillen) postait sur Instagram un coup de gueule pour répondre aux critiques sur l’aspect « business » qui se développe autour du Crossfit. Il faisait remonter que l’objectif d’une box de Crossfit, et donc d’une société, était de faire du profit et de dégager des revenus pour en vivre correctement.

Sport Santé incompatible avec Sport Business ?

Avec l’émergence des salles de sport « low cost » , le Crossfit semble cher et donne l’impression d’un sport élitiste qui souhaite faire le tri par l’investissement financier de ses adhérents. On a souvent du mal à comprendre comment un hangar de 400m2 avec une cage de gym et des barres d’haltérophilie peut coûter 1000 euros par an à un adhérent. Mais la réalité est autre : le prix d’une licence de Crossfit et à minima d’une certification Crossfit level-1 est de plus de 4000 euros avec une récurrence annuelle de l’affiliation et un renouvellement tous les 4 ans de la certification. Cependant, c’est la partie émergée de l’iceberg, un bon coaching coûte cher et demande du temps, du temps face aux adhérents mais aussi en programmation. C’est à minima un wod par jours qu’il faut créer, adapter et optimiser en fonction de l’espace, du nombre de participants et du matériel disponible.

Y’a-t-il un tabou à faire du business autour du sport ?

Aux Etats-Unis la notion de sport-business se fait sans complexe. On peut même retrouver des articles sur le sujet sur crossfit.com (140 Ways to Grow Your CrossFit Business). Le business est au cœur de la logique de Greg Glassman. En France, lorsque l’on parle sport il est difficile de parler argent. Le sport de fédération étant souvent subventionné, on parle de 4 milliard d’euros par an provenant de différents ministères, le français à l’habitude de payer peu pour pratiquer son sport. Alors pourquoi payer 80€ par mois pour sauter sur un boîte en bois et faire des burpees (nous, on adore) ?

Comprendre que le coaching entre une salle de sport ouverte 24h/24h et une box de Crossfit avec 12 adhérents pour un coach a un prix, relève encore quelques difficultés au commun des mortels. C’est pourtant une réalité, être bien coaché se paye !

Mais là où le bas blesse c’est lorsque les adhérents eux même pensent qu’il s’agit avant tout d’une communauté et effacent complètement la vision business en estimant qu’il n’est pas normal de faire de l’argent. C’est effectivement une grosse contradiction apportée par le Crossfit à notre culture française, voire européennes. Si c’est une famille alors comment peut on faire de l’argent sur mon dos !

Importante concurrence et rentabilité en déclin ?

Il y a quelques semaines un coach a évoqué sur Facebook sa colère concernant le taux horaire proposé, par plusieurs box de la région toulousaine.

Extrait Facebook au sujet de la rémunération des coachs

En retour, certains ont effectivement avoué que la rémunération proposée semblait faible, mais reconnaissent la complexité d’être propriétaire de box et de pouvoir se payer en fin de mois et donc d’offrir des rémunérations plus élevées. Toulouse n’est pas un cas à part, mais la densité de box y est importante (sûrement à son point critique) et la concurrence force les propriétaires de box à devenir compétitifs en terme de prix mais aussi d’offre (augmentation du volume de cours, ajouts de cours spécifiques, compétitions internes, séance de chiropraxie/ostéopathie,…). Et comme le fait remonter Teva Fils Fenua (@tevaafils) dans la conversation : « beaucoup de coachs de dispo », ce qui permet de faire jouer la concurrence en terme de coaching, et de prix naturellement.

Comment tirer son épingle du jeu ?

On pourrait répondre simplement que faire de la qualité et en être reconnu sont les clés.

Les salles qui réussissent le mieux sont celles qui sortent leur épingle du jeu en proposant un contenu de qualité à leurs adhérents. Se créer une notoriété est la base de n’importe quel métier et entrepreneurs. Notre sport regorge de moyens pour proposer services et produits adaptés et le marché du fonctional fitness est estimé à plus de 4 milliard de dollars. Cela reste donc une aire de jeux importante pour gagner de l’argent. Certes, bien gagner sa vie est quelque chose de compliqué dans le sport, mais pas impossible. Le sport « low cost » a ses limites et le modèle d’agressivité commerciale se consolidera autour de 3 ou 4 gros acteurs nationaux sur le long terme. Il reste donc de la place pour le fonctional fitness et le Crossfit sur notre territoire. Sur les prochaines années, il y aura surement un besoin de professionnalisation des entrepreneurs pour valoriser leur société et développé leur business (consolidation, gérance, conglomérat,…). Seuls les meilleurs y parviendront.

Le Crossfit forge un état d’esprit prêt à l’inconnu. Alors pourquoi adopter un mindset différent entre sa pratique du sport et sa vision business ?

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