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[Interview] Franck Attieh – le « Podium Killer »

Franck Attieh est un « podium killer », un peu à l’image d’un boxer, on pourrait répertorier ses combats. 16 podiums sur les 16 dernières compétitions. A 42 ans il fait aujourd’hui partie de la courte liste des références françaises chez les masters de la catégorie 40-44. Interview !

Peux-tu détailler ton parcours qu’il soit sportif et/ou professionnel ?

J’ai toujours été sportif et compétiteur, j’ai longuement pratiqué le football à un niveau régional, par la suite j’ai testé quelques triathlons et pas mal de trails de plus de 50km juste pour le défi. J’ai fait un peu de musculation et puis en 2012 à la sortie et l’obtention de mon BPJEPS j’ai découvert le CrossFit que je n’ai pas lâché depuis.

Franck Attieh – Crédit: Facebook: European Showdown / Wod and Pix

A quelle fréquence pratiquais tu le sport avant ta découverte du CrossFit (volume d’heures par mois) ?

Avant le Crossfit je pratiquais entre 3 et 4 fois par semaine soit environ 5h semaine donc une grosse 20 aine d’heures par mois.

A-t-il eu un impact, positif ou négatif, sur ton niveau de fitness actuel ?

Toute pratique sportive à un impact positif sur le niveau fitness, personnellement j’ai toujours essayé d’avoir une bonne hygiène de vie.

Depuis combien de temps fais-tu du CrossFit et à quel rythme ?

Je pratique le CrossFit depuis 8 ans à raison de 6 jours par semaine pour 10-12h en moyenne. Ce qui fait un volume mensuel de plus de 50 heures par mois.

Les Masters peuvent avoir un rythme de vie différent des -35ans, avec
des familles et des carrières professionnelles à gérer. Il faut donc
trouver un bon équilibre. Comment est-ce qu’on arrive jongler et
comment peut-on trouver le juste milieu entre vie pro et sportivité ?

J’ai la chance d’être coach et gérant de box (CrossFit Next Fight) j’ai donc plus de facilité pour pouvoir m’entraîner, il faut cependant bien s’organiser de manière à bien concilier le job, le sport et la famille, ma femme et mes enfants passent pas beaucoup de temps à la box ça facilite l’équilibre.

Quelle image donne-t-on à son entourage quand on fait du CrossFit et
que l’on est master ? Est-ce une image de sportif de « l’extrême » ou plutôt un modèle de détermination qui tire vers le haut une génération ?

Au départ on peut passer un peu pour des fous, des sportifs de l’extrême effectivement puis quand ils découvrent vraiment la discipline et ce que ça représente pour nous ils comprennent plus facilement, c’est un peu des 2, sportif de l’extrême déterminé.

Franck Attieh – Crédit: @franckattieh / CrossFit French Throwdown

Est-ce qu’un master influence plus facilement sa génération à
s’inscrire dans une salle de CrossFit ?

Il y a quelques années j’aurais répondu non, à l’heure actuelle je pense que oui, beaucoup de personnes peuvent s’identifier aux masters et voir qu’il n’y a pas d’âge pour être en forme.

Tu suis une programmation particulière ou tu as un accompagnement adapté ?

J’adapte une programmation déjà très connue à mon niveau pour maintenir le stimulus souhaité, aucun accompagnement perso.

Peux-tu détailler ton palmarès ou tes « succès » dans cette discipline ?

Sur mes 16 dernières compétitions j’ai fait 16 podiums avec quelques bons résultats dont je suis content sur les plus grosses compétitions européennes comme les CrossFit French Throwdown où je termine 2ème en 2018 et 2019, les Athens throwdown que je gagne en 2018 et 2019, les Lowlands Throwdown 3ème en 2018 et 2ème en 2019 entre autres.

Vis tu aujourd’hui de ce sport ?

Non, pas en tant qu’athlète.

Est-ce que tu as déjà été victime de blessure ? Si oui de quel type et pendant quelle durée ?

Oui des tendinites assez classiques dans le Crossfit au niveau des épaules qui nécessitent souvent un bon mois d’arrêt sur les mouvements douloureux.
J’ai aussi été embêté avec une discopathie que traîne depuis 2 ans mais j’arrive à m’entraîner avec en étant le plus propre possible sur les postures.

Franck Attieh – Crédit: @franckattieh / Athens Throwdown

Est-ce que l’on gère les blessures de la même manière en étant
master ? Et cela a-t-il un impact dans la préparation ou à
l’entrainement ?

On a tendance à récupérer moins vite que les jeunes donc à la moindre alerte il est bon de stopper avant que ça ne s’aggrave, le renfo, l’isolation est important pour justement limiter les blessures et ne pas foirer une préparation.

Qu’est-ce qui te motive dans ce sport et t’amène à faire de la compétition ?

J’ai toujours été compétiteur, dans tous les sports que j’ai pratiqué.
En CrossFit nous avons la chance de pouvoir se mesurer sur pas mal de compétitions et surtout se retrouver entre Masters dans un super état d’esprit, c’est l’occasion de valider toutes les heures passées à l’entraînement aussi.

La France est la 4ème nation européenne et la 8ème nation
mondiale master aux Open 2020* avec une progression du nombre
d’athlètes français dans le top 2020 de plus en plus importante,
comment expliques-tu ce bon classement?

Déjà certainement par un plus grand nombre d’athlètes qui y participent et par le résultat des premiers qui ont sûrement motivés les autres.
Je pense aussi qu’il y a de bonnes box et de bons coachs qui assurent la progression des masters comme des jeunes.

Question sur les AGOQ (Age Group Online Qualifier)

Tu as participé au Age Group Online Qualifier, comment as-tu préparé
cette période particulière ?

J’ai pour habitude de ne jamais vraiment changer ma façon de m’entraîner avant une compétition, pour les AGOQ, c’est différent, car il y a 6 wods en 4 jours, ça fait un week-end bien chargé avec au moins 2 wods par jours, je ne fais souvent les wods qu’une fois.

Quels étaient tes objectifs sur cette compétition en ligne ?

J’ai terminé 65 ème monde à la sortie des opens donc j’aurais aimé faire mieux mais j’ai fini 74ème car problème de dos sur des wods particulièrement lourds, qui ne m’ont pas avantagé.

Merci à Franck pour ce partage d’expérience et sa vision à la fois simple et pleine de bon sens du fitness fonctionnel. Bon courage pour la saison 2020 !